L’ORDRE POUR LA
SÉPULTURE
DES MORTS.
¶ Il est à noter ici, que l’Office suivant ne doit point se dire pour ceux qui meurent sans avoir été baptisés, ni pour les excommuniés, ni pour ceux qui se sont détruits de leurs propres mains.
¶ Le Prêtre et les Clercs recevant le Corps à l’entrée du Cimetière, et le précédant, réciteront ou chanteront, en se rendant soit a l’Église ou vers la Fosse:
JE
suis la résurrection et la vie, dit le Seigneur; celui qui croit
en moi, quand même il serait mort, vivra. Et quiconque vit et croit
en moi, ne mourra jamais. St. Jean xi. 25, 26.
Je sais que mon Rédempteur est vivant, et qu’il
demeurera le dernier sur la terre. Et lorsque après ma peau, ce
corps aura été rongé, dans ma chair, le verrai Dieu;
je le verrai moi-même, et mes yeux la verront, et non pas un autre.
Job xix. 25-27.
Nous n’avons rien apporté au monde; et
il est évident que nous n’en pouvons rien emporter. Le Seigneur
avait donné, le Seigneur a ôté; que le Nom du Seigneur
soit béni! 1 Tim. vi. 7; Job i. 20.
¶ Après qu’ils seront entrés dans l’Église, on lira un des Psaumes suivants, ou tous les deux.
Dixi, Custodiam. Ps. xxxix.
J’AI
dit, Je veillerai sur mes voies : afin de ne pas pécher par ma
langue.
Je mettrai un frein à ma bouche : tant que la
méchant sera devant moi.
J’ai été muet, et dans mon silence,
j’ai même tu le bien : mais ma douleur s’est augmentée.
Mon cœur s’est échauffé an
dedans de moi : dans ma méditation, un feu s’est allumé,
ma langue a parlé:
Seigneur, fais-moi connaître ma fin, et quelle
est la mesure de mes jours : afin que je sache combien courte est ma durée.
Voilà, tu as fait la mesure de mes jours de
quelques palmes, et la durée de ma vie est devant toi comme un
rien : oui, tout homme, quoiqu’il soit debout, n’est que vanité.
Certainement l’homme passe comme une ombre; c’est
en vain qu’il s’agite : il amasse des biens, et il na sait
point qui les recueillera.
Et maintenant, Seigneur, qu’est-ce que j’espère
: mon espérance est en toi.
Délivre-moi do tous mas péchés
: ne me rends point un objet d’opprobre pour l’insensé.
Je me suis tu, je n’ai point ouvert la bouche
: parce que c’est toi qui l’as fait.
Détourne de moi tes châtiments : je succombe
sous les coups de ta main.
Lorsque, par tes châtiments, tu punis l’homme
à cause de son péché, tu consumes sa beauté
comme fait le ver : certainement tout homme est vanité.
Écoute ma prière, ô Seigneur, et
prête l’oreille à mon cri : ne sois pas sourd à
mes larmes.
Car je suis étranger et voyageur devant toi
: comme l’ont été tous mes pères.
Détourne de moi ta main, afin que je me ranime
: avant que je m’en aille, et que je ne sois plus.
Gloire soit au Père, et au Fils : et au Saint-Esprit;
Comme il était au commencement, comme il est
maintenant : et comme il sera éternellement. Amen.
Domine, refugium. Ps. xc.
SEIGNEUR,
tu nous as été une retraite : d’âge en âge.
Avant que les montagnes fussent nées, et que tu eusses formé
la terre et l’univers : d’éternité en éternité,
tu es Dieu.
Tu réduis l’homme en poudre : et tu dis,
Fila d’Adam, retournez en poudre.
Car, à tes yeux, mille ans sont comme le jour
d’hier qui est passé : comme une veilla de la nuit,
Tu les emportes comme un torrent : ils sont comme un
songe au matin, comme l’herbe qui passe.
Elle fleurit le matin, puis elle se fane : le soir,
on la coups et elle sèche,
Car nous sommes consumés par ta colère
: et nous sommes épouvantés par ton courroux.
Tu mets nos iniquités devant toi : et nos fautes
cachées devant la clarté de ta face.
Car tous nos jours s’en vont par ta colère
: nos années s’évanouissent comme une pensée.
La durée de nos jours est de soixante-dix asse,
et pour les plus vigoureux, de quatre-vingts ans : et ce qui fait leur
orgueil n’est que peine et tourment; cela passe vite, et nous nous
envolons.
Qui connaît la puissance de ta colère
: qui craint, comme il le doit, ton courroux?
Enseigne-nous donc à compter nos jours : de
telle sorte que nos coeurs s’ouvrent à la sagesse.
Reviens à nous, Seigneur! Jusques à quand.
. . : Aie pitié de tes serviteurs.
Rassasie-nous de ta bonté dès le matin,
afin que nous soyons remplis de joie : et que nous nous réjouissions
tous les jours de notre vie.
Réjouis-nous en proportion des jours où
tu nous as affligés : et des années pendant lesquelles nous
avons senti la calamité.
Que tes œuvres paraissent sur tes serviteurs :
et ta gloire sur leurs enfants.
Que la grâce du Seigneur, notre Dieu, soit avec
nous : dirige l'œuvre de nos mains sur nous; oui, dirige l'œuvre
de nos mains.
Gloire soit au Père, et au Fils : et au Saint-Esprit;
Comme il était au commencement, comme il est
maintenant : et comme il sera éternellement. Amen.
¶
Pute suivra la Leçon tirée dus quinzième Chapitre
de le première Épître de Saint Paul aux Corinthiens.
MAINTENANT
Christ est ressuscité des morts, et il est devenu les prémices
de ceux qui dorment Car puisque la mort est venue par un seul homme, la
résurrection des morts est aussi venue par un seul homme. Car comme
tous meurent en Adam, de même aussi tous revivront en Christ. Mais
chacun en son propre rang; Christ comme les prémices, puis ceux
qui sont de Christ, à son avénement. Ensuite viendra la
fin, quand il aura ramis le royaume à Dieu le Père, et quand
il aura aboli tout empire, et toute domination, toute puissance, Car il
faut qu’il règne jusqu’à ce qu’il ait
mis sous ses pieds tous ses ennemis. L’ennemi qui sera détruit
le dernier, c’est la mort. Car, Dieu a mis toutes choses sous ses
pieds. Or, quand il est dit que toutes choses lui sont soumises, il est
évident que celui qui lui a soumis toutes choses est excepté.
Et après que toutes choses lui auront été soumises,
alors aussi le Fils lui-même sera soumis à celui qui lui
a soumis toutes choses, afin que Dieu soit tout en tous. Autrement, que
feront ceux qui sont baptisés pour les morts, si absolument les
morts ne ressuscitent point? Pourquoi donc sont-ils baptisés pour
les morts? Et pourquoi nous-mêmes sommes-nous en péril à
toute heure? Je meurs tous les jours: je vous l’atteste par le sujet
que j’ai de me glorifier, à cause de vous, en notre Seigneur
Jésus-Christ. Si c’est selon l’homme que j’ai
combattu contre les bêtes à Ephèse, quel profit en
ai-je, si les morts ne ressuscitent point? Mangeons et buvons; car demain
nous mourrons. Ne vous y trompez point; les mauvaises compagnies corrompent
les bonnes moeurs. Réveillez-vous pour vivre justement, et ne péchez
point; car li y en a quelques-uns qui n’ont pas la connaissance
de Dieu; je vous le dis pour vous faire honte. Mais quelqu’un dira:
Comment ressuscitent les morts, et en quel corps viennent-ils? Insensé!
ce que tu sèmes ne prend point vie, s’il ne meurt. Et quant
à ce que tu sèmes, tu ne sèmes point le corps qui
naîtra, mais le simple grain, selon qu’il se rencontre, grain
de blé ou de quelque autre semence. Mais Dieu lui donne un corps
comme il veut, et à chaque semence le corps qui lui est propre.
Toute chair n’est pas la même chair; mais antre est la chair
des hommes, et autre la chair des bêtes, autre celle des poissons,
et autre celle des oiseaux, Il y a aussi des corps célestes et
des corps terrestres: mais autre est l’éclat des corps célestes,
et autre celui des corps terrestres. Autre est l’éclat do
soleil, et autre l’éclat de la lune, et autre l’éclat
des étoiles; car l’éclat d’une étoile
diffère de l’éclat d’une autre étoile.
Telle est aussi la résurrection des morts; le corps est semé
en corruption, il ressuscite en incorruptibilité. Il est semé
en déshonneur, il ressuscite en gloire; il est semé en faiblesse,
il ressuscite en force. Il est semé corps animal, il ressuscita
corps spirituel; il y a un corps animal, et il y a un corps spirituel.
Comme aussi il est écrit: Le premier homme, Adam, a été
fait âme vivante; le dernier Adam, esprit vivifiant. Or, ce n’est
pas ce qui est spirituel, mais ce qui est animal qui est le premier. Ce
qui est spirituel est venu après. Le premier homme étant
de la terre, est terrestre; mais le second homme, le Seigneur, est du
ciel. Tel qu’est celui qui est terrestre, tels aussi sont ceux qui
sont terrestres; et tel qu’est le céleste, tels aussi sont
les célestes, Et comme nous avons porté l’image de
celui qui est terrestre, nous porterons aussi l’image de celui qui
est céleste. Voici donc ce que je dis, mes frères : c’est
que la chair et le sang ne peuvent point hériter le royaume de
Dieu, et que la corruption n’hérite point l’incorruptibilité.
Voici, je vous dis un mystère: Nous ne dormirons pas tous, mais
nous serons tous changés, en un moment, en un clin d’œil,
à la dernière trompette; car la trompette sonnera, et las
morts ressusciteront incorruptibles, et nous serons changés. Car
il faut que ce corps corruptible revête l’incorruptibilité,
et que ce corps mortel revête l’immortalité. Or, quand
ce corps corruptible aura revêtu l’incorruptibilité,
et que ce corps mortel aura revêtu l’immortalité, alors
sera accomplie la parole qui est écrite: La mort est absorbée
par la victoire. O mort, où est ton aiguillon? O sépulcre,
où est ta victoire? Or, l’aiguillon de la mort, c’est
le péché; et la puissance du péché, c’est
la loi. Mais grâces soient rendues à Dieu, qui nous donne
la victoire par notre Seigneur Jésus-Christ. C’est pourquoi,
mes frères bien-aimés, soyez fermes, inébranlables,
abondant toujours dans l’œuvre du Seigneur; sachant que votre
travail n’est pas vain auprès du Seigneur.
¶ Quand en arrive auprès de la Fosse, tandis qu’on s’apprête à déposer le Corps dans la terre, le Prêtre récitera, ou le Prêtre et les Clercs chanteront;
L’HOMME
né de la femme est de courte durée, et il est rassasié
de peines. Il s’épanouit comma une fleur, puis il se fane;
il s’enfuit comme une ombre qui ne s’arrête point.
Au milieu de la vie nous sommes dans la mort: auprès
de qui chercherons-nous du secours, si ce n’est auprè de
toi, ô Seigneur, qui es justement irrité à caisse
de nos péchés?
Néanmoins, ô Seigneur, Dieu très-saint,
ô Seigneur très-puissant, ô saint et très-miséricordieux
Sauveur, ne nous livre point aux amères douleurs de la mort éternelle.
Tu connais, Saigneur, les secrets de nos cœurs;
ne ferme point les oreilles de ta miséricorde à notre prière;
mais pardonne-nous, Seigneur très-saint, ô Dieu très-puissant,
ô saint et miséricordieux Sauveur; toi, très-juste
Juge éternel, ne permets point qu’à notre dernière
heure, si grandes que soient les angoisses de la mort, nous nous détachions
du toi.
¶ Alors, pendant que quelqu’un des assistants jettera de la terre sur le Cadavre, le Prêtre dira:
PUISQU’IL a plu au Dieu tout-puissant, dans sa grande miséricorde, de recueillir à lui l’âme de notre cher frère défunt, nous confions par conséquent son corps à la poussière; la terre à la terre, les cendres aux cendres, la poudre à la poudre; dans la sûre et ferme espérance de la Résurrection à la vie éternelle par notre Seigneur Jésus-Christ, qui transformera notre corps vil, afin qu’il devienne conforme à son corps glorieux, selon le grand pouvoir qu’il a de s’assujettir tontes choses.
¶ Ensuite en dira ou l’on chantera:
J’ENTENDIS une voix du ciel
qui me disait : Écris : Bienheureux sont les morts qui dorénavant
meurent dans le Seigneur! Oui, dit l’Esprit, car ils se réposent
de leurs travaux.
¶ Puis le Prêtre dira:
Seigneur,
ale pitié de nous.
Christ, aie pitié de nous.
Seigneur, aie pitié de nous.
NOTRE Père, qui es aux cieux, Que ton Nom soit sanctifié, Que ton règne vienne. Que ta volonté soit faite sur la terre, Comme au ciel. Donne-nous aujourd’hui notre pain quotidien, Et pardonne-nous nos offenses, Comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés. Et na nous induis point en tentation; Mais délivre-nous du mal, Amen.
Le Prêtre.
DIEU tout-puissant, avec qui vivent les esprits de ceux qui délogent d’ici dans le Seigneur, et auprès de qui les âmes des fidèles, après qu’elles sont délivrées du fardeau de la chair, se trouvent dans la joie et la félicité; Nous te rendons grâces de tout notre cœur de ce qu’il t’a plu de retirer notre frère des misères de ce monde de péché; te suppliant de vouloir, dans ta miséricordieuse bonté, accomplir bientôt le nombre de tes élus, et hâter ton règne; afin que nous, avec tous ceux qui sont décédés dans la vraie foi de ton saint Nom, nous puissions obtenir la perfection consommée, et la parfaite béatitude, tant pour le corps que pour l’âme, dans ta gloire d’éternelle durée; par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.
La Collecte.
O DIEU miséricordieux Père de notre Seigneur Jésus-Christ, lequel est la résurrection et la vie; en qui celui qui croit vivra, quand même il meure; et en qui quiconque vit et croit, ne mourra point éternellement; qui aussi nous a enseigné (par son bienheureux Apôtre Saint Paul) à na pas nous attrister, comme ceux qui n’ont point d’espérance, au sujet de ceux qui dorment en lui; Nous te supplions humblement, ô Père, de nous ressusciter de la mort du péché à la vie de la justice; afin que, quand nous quitterons cette vie, nous reposions en lui, comme nous espérons que notre frère y repose; et qu’à la Résurrection générale, au dernier jour, nous puissions être trouvés agréables à tes yeux, et recevoir cette bénédiction que ton Fils bien-aimé prononcera alors sur tous ceux qui t’aiment et qui te craignent, en disant: Venez, vous les enfants bénis de mon Père, prenez possession du royaume qui vous a été préparé dès la fondation du monde: Accorde-nous ces grâces, nous t’en supplions, ô Père miséricordieux, par Jésus-Christ, notre Médiateur et Rédempteur. Amen.
QUE la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ, l'amour de Dieu, et la communication du Saint-Esprit soient avec nous tous éternellement. Amen.

